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Qui a inventé l’argent et pourquoi ?

De nos jours on peut payer les produits de bien des façons différentes, l’argent liquide, les chèques, les cartes de payement, est ce que l’argent a toujours existé dans les sociétés ?

La monnaie n’a pas toujours existé. Tant que les personnes étaient peu nombreuses et vivaient en autarcie en petits groupes l’utilisation d’une monnaie dans les échanges n’avait pas d’utilité. Cependant la spécialisation de chaque individu ou groupe d’individus autour de quelques productions va obliger peu à peu à échanger.

Les échanges ont pu être des échanges de “cadeaux” qui tissent et renforcent les liens sociaux mais peu à peu on assiste au troc d’objets ou de services. Ces trocs peuvent être aussi l’occasion de se rencontrer entre des groupes qui au delà des objets vont échanger parfois des hommes ou des femmes. Cependant certaines formes de trocs préservaient l’isolement des groupes sociaux qui, peut-être pour éviter des confrontations violentes, préféraient ne pas se rencontrer physiquement. C’est ce que raconte cet extrait puisé sur le site Arts-primitifs.com

“Le troc a toujours compensé l’absence d’une monnaie commune.
Rouliers des mers et navigateurs intrépides, les Phéniciens, dès le VIII
ème siècle avant notre ère, poussèrent très loin hors de la Méditerranée leurs investigations. Au Vème siècle avant J.C., le grec Hérodote dans ses “Histoires” nous explique leur technique: “Lorsqu’ils ont débarqué leurs marchandises, ils les déposent en rang le long de la grève, se rembarquent sur leurs vaisseaux, et font de la fumée. Les indigènes, voyant cette fumée, se rendent au bord de la mer, déposent de l’or qu’ils offrent en échange de la cargaison, et s’en retournent à distance. Les Carthaginois débarquent, examinent l’or; s’il leur paraît équivaloir à la cargaison, ils l’enlèvent et s’en vont; s’il ne leur paraît pas équivalent, ils remontent sur leurs vaisseaux et s’y tiennent. Les indigènes s’approchent et ajoutent l’or à ce qu’ils avaient déposé, jusqu’à ce qu’ils les aient satisfaits. Ni l’une ni l’autre des parties, disent les Carthaginois, ne fraudent.”

On voit que le troc, s’il a précédé la monnaie a pu aussi se substituer à elle en l’absence de monnaie commune.

Quel est l’avantage d’une monnaie pour le commerce ?

Le troc a-t-il des limites, est-il un frein à l’économie ?

Internet est parfois un lieu de troc, d’échange de biens ou de services entre eux, mais c’est une infime part des échanges. La très grande majorité des échanges va impliquer l’utilisation de monnaie car le troc à plusieurs limites:

– il faut que la personne avec laquelle on troque soit intéressée par ce qu’on lui propose en échange de son bien ou service

– on doit être d’accord sur la valeur de ce qui est échangé

– on ne peut pas utiliser un échange pour étalonner des échanges futurs

– on ne peut pas toujours constituer de “réserve” de ce que l’on souhaite échanger pour “plus tard” et on risque le vol de sa “réserve”…

La solution va être de trouver un bien de valeur communément admis pour effectuer les échanges. Cet “objet” devra pouvoir servir d’unité de compte et de mesure de la valeur (donc être divisible pour mesurer la valeur de manière précise y compris pour des petits objets). La valeur de cet objet ne devra pas ou peu s’altérer dans le temps afin entre autre de pouvoir le mettre en réserve tel que des coquillages, fèves, des morceaux de métal précieux…

Cacao, fèves et cabosse

Il s’agit alors d’une forme primitive de monnaie.
Afin de renforcer la confiance des usagers de cette monnaie mais aussi renforcer leur fortune et leur pouvoir, les dirigeants des sociétés plus organisées se sont réservé le droit de “battre monnaie” et ont donc placé leur effigie sur des morceaux de métal précieux tout en en garantissant ainsi la valeur. Ainsi les ciselures sur les bords des pièces devaient éviter que certains usagers peu scrupuleux liment la bordure des pièces pour en extraire un peu de métal.

On a ensuite préféré utiliser des pièces et des billets en métal ordinaire dont la valeur était garantie par le montant de métal précieux qui était détenu par ceux qui émettaient pièces et billets, pièces et billet qui bientôt n’ont plus été convertibles en or. La valeur de ces pièces et billets repose alors sur la confiance que les usagers ont dans cette monnaie et dans ceux qui l’émettent (monnaie scripturale).

Peu à peu ce sont les banques centrales qui assurèrent ce rôle.

Cochon tirelire euro

De nos jours la monnaie sous forme de billets et de pièce ne constitue qu’une petite part de la masse de monnaie circulant dans le monde. La plus grande part correspond aux écritures sur les comptes des clients des banques commerciales. Ainsi les banques commerciales créent elles-même de la monnaie lorsqu’elles accordent un crédit à un client simplement en créditant le compte de ce client (monnaie scripturale). Le remboursement du prêt détruira la monnaie créée.

Qui est garant de la valeur d’une monnaie ?

Les banques centrales ont alors pour rôle de réguler la création monétaire de plusieurs manières et principalement en mettant en place des règles prudentielles obligeant les banques à respecter un ratio de fonds propres en fonction des crédits accordés, les contraignant à mettre en réserve une part des dépôts de leurs clients (réserves obligatoires). Par ailleurs les banques centrales fixent les taux auxquels les banques commerciales sont soumises si elles souhaitent se refinancer. Ces taux sont répercutés sur le coût des crédits accordés aux clients des banques commerciales donc une hausse de ces taux conduit à freiner l’octroi de nouveaux crédits… donc la création de la monnaie.

En effet si la monnaie est nécessaire aux échanges, aux investissements des entreprises et des ménages et à la croissance économique, un excès de création monétaire conduit à diminuer la valeur de la monnaie elle-même, ce qui est une cause de hausse des prix (puisque la monnaie vaut moins, on en exigera davantage pour un même objet) et donc l’inflation.

L’utilisation de la monnaie scripturale dans les transactions est simple puisqu’il suffit de faire usage des moyens de paiement fournis par les banques commerciales que sont les chèques, virements, cartes bancaires…

Les banques centrales garantissent-elles des moyens de payement numériques ?

Si je résume, les banques centrales garantissent la stabilité et la sécurité et d’un moyen de paiement.
Elles peuvent donc garantir n’importe quel moyen de paiement même numérique ?

Il est possible d’utiliser sur internet les moyens habituels de paiement (chèques envoyés, virements en ligne ou les cartes bancaires sur des pages sécurisées).

Dans le même temps se sont mis en place des sociétés qui vont servir d’intermédiaires dans les échanges en conservant une unité de compte et de réserve correspondant à une monnaie gérée par une banque centrale (principalement le $ ou l’€). Ces sociétés ajoutent généralement une assurance garantissant la bonne réception des marchandises et justifient les commissions prélevées par la sécurité qu’elles offrent au vendeur d’être payé et à l’acheteur de recevoir la marchandise commandée et de payer dans des conditions plus sûres.
Un exemple connu est celui de Paypal qui permet à la fois de payer des achats sur le net à partir d’une réserve d’argent constituée en ligne dans une devise (telle que le dollar ou l’euro) ou à partir d’une carte bancaire qui sera débitée du montant de l’achat. Cette société permet aussi de se faire rémunérer pour des objets vendus, le paiement étant alors crédité sur la réserve d’argent paypal ou de transférer de l’argent. Le compte est identifié sur la base de l’email et d’un mot de passe.

https://www.paypal.com/fr/webapps/mpp/accueil

PAYPAL

Quels sont les risques liés au paiement sur internet ?

Les risques sont loin d’être nuls. On peut identifier deux types de menaces :
les spywares, malwares, logiciels espions
http://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_espion

images

et
l’hameçonnage, fishing, filoutage

hamecon

http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/phishing-hameconnage-ou-filoutage

le premier type de menace est constitué par des logiciels. Ils espionnent l’ordinateur dans lequel ils sont implantés. Dans le cas des transactions ces logiciels peuvent ainsi mémoriser les mots de passe et identifiants, RIB ou les numéros de cartes bancaires saisis sur le clavier, créer une “porte d’entrée” pour copier toute ou partie du contenu de la mémoire de l’ordinateur…

le second type de menace consiste à usurper l’identité d’une institution ou d’une entreprise par le biais de mails renvoyant à une adresse d’un site construit sur le modèle du site institutionnel ou de l’entreprise dont l’identité a été usurpée afin de conduire l’internaute à entrer ses mots de passe, références bancaires ou numéros de carte bancaire.

Quelles peuvent être les solutions?

Pour le premier type de menace: être vigilant quant aux logiciels et fichiers téléchargés, disposer d’un anti-virus et d’un logiciel permettant de filtrer et détruire les “chevaux de Troie” ou logiciels espions, certains anti-virus n’incluent pas toutes les menaces, on peut combiner plusieurs parades (par exemple celle incluse dans Windows type defender + Avira version gratuite + Spybot) mais cela ne doit pas limiter la vigilance de l’internaute et implique des mise à jour régulières.

Pour le second type de menace la vigilance dans la lecture et l’ouverture des liens inclus dans des mails est essentielle. Par ailleurs il convient d’accéder aux sites institutionnels, aux sites de banques ou de vente en privilégiant des sites connus et reconnus et en y entrant par leur adresse.

Peut-on se passer des banques centrales ?

Il existe des propositions de paiement en ligne qui créent ce que l’on appelle une monnaie fictive ou crypto-monnaie.

Cette monnaie numérique doit avoir les caractéristiques d’une monnaie.
Il faut que la monnaie puisse être acceptée par d’autres internautes, que l’on puisse en conserver une certaines quantité sur un compte sans qu’elle disparaisse et que l’on puisse s’en servir pour mesurer la valeur de différents objets ou services.
Donc elle ne fonctionne que si l’on a confiance en elle pour:

  • effectuer des transactions (intermédiaire dans les échanges)
  • en mettre en réserve
  • s’en servir d’unité de mesure de la valeur

http://neema.kitwa.free.fr/ECO%20GENERALE/050225_la_monnaie_ses_formes_ses_fonctions.pdf

Le Bitcoin est un exemple de ces monnaies virtuelles. Il a été inventé par Satoshi Nakamoto en 2009. Il a été médiatisé car la valeur du Bitcoin a beaucoup augmenté car son utilisation s’est étendu, certains internautes ont souhaité placer une partie de leurs économies en les convertissant en Bitcoins.
Les achats massifs de Bitcoin en ont accru la valeur, car il y a eu beaucoup de demande de Bitcoin. Cependant son cours est très volatile ce qui en fait une unité de valeur et de réserve peu fiable et peu selon certains en limiter l’expansion.

http://bitcoin.org/fr/

Les Bitcoins sont générés par les propriétaires d’ordinateurs qui mettent leurs ordinateurs au service des calculs nécessaires aux transactions et ont installé un logiciel (bitcoin miner). Les bitcoins sont générés au rythme des transactions.
On voit sur le site de Bitcoin qu’il est possible de placer un “porte-monnaie” virtuel sur son ordinateur. Ce porte-monnaie permet de stocker ses Bitcoins et de les utiliser. Il y a plusieurs logiciels susceptibles de jouer le rôle de porte-monnaie à Bitcoins.
Certains sites proposent leur conversion en monnaie réelle.

Rz_ARGENT29

Quel en est le risque d’une telle monnaie ?
Cette monnaie est cependant peu stable car les volumes d’achat et de vente de bitcoins peuvent être importants et faire varier la valeur des bitcoins dans les différentes monnaies réelles, sans qu’il ait une régulation par une banque centrale. Ainsi si la valeur des bitcoins a progressé, elle pourrait s’effondrer brusquement. De plus les bits-coins peuvent être… volés.
pour en savoir plus:
http://www.francetvinfo.fr/internet/le-bitcoin-la-monnaie-virtuelle-qui-inquiete-les-marches-financiers_300183.html

Pourquoi est-elle principalement utilisée?

Une monnaie virtuelle peut être utilisée pour toutes les transactions avec les sites marchands acceptant cette monnaie. Cependant l’un des avantages vient de l’anonymat des acheteurs qui peuvent ainsi acquérir des produits illégaux sans révéler leur identité.
Les critiques adressées à l’encontre de cette monnaie sont liés principalement à cet anonymat et à l’utilisation qui en est fait pour des transactions illégales. Il est possible que cet anonymat soit réduit afin de faire face à ces critiques et de pérenniser ce type de monnaie.

Une monnaie qui reste très fragile

Comme la valeur de la monnaie repose sur la confiance, la découverte d’une faille dans le système d’une crypto-monnaie, comme cela a été le cas le 10/02/2014 sur une des plateformes d’échange de Bitcoins, peut provoquer une chute vertigineuse de la valeur de ces monnaies. Cette dépréciation touche alors toutes les monnaie puisque l’effritement de la confiance est contagieux, en vertu de ce que le bug découvert pour l’une pourrait exister chez l’autre… Ces monnaies sont donc à manipuler avec prudence et leur mise en réserve constitue un placement très spéculatif et très risqué.

http://www.pcinpact.com/news/85943-bitcoin-est-dans-tourmente-apres-decouverte-dun-bug-maleabilite.htm